INTERVIEW

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LE MÉDIATEUR - Journal trimestriel, Nr. 1 Mars 2006; 

                                  Publication de l'Institution du Médiateur 

 

 

 

LE MÉDIATEUR

ne fait pas son travail s’il ne “met pas en difficulté” l’Administration

  

- Interview avec le Médiateur, Monsieur Ermir Dobjani -

      

Question: Monsieur Dobjani, qu’est-ce que cette publication représente pour votre Institution?

Reponse: Cette publication n’est autre qu’un élément supplémentaire de notre stratégie dans le domaine des relations avec le public, une stratégie qui a été très efficace, aussi bien pour informer l’opinion publique, que pour renforcer notre intégrité institutionnelle. Cela nous a rendu possible d’être pris plus au sérieux par l’administration publique, ce qui signifie qu’il y a plus de chances pour que les plaintes des citoyens soient suivies avec plus de rigorosité. A cette occasion, j’aimerais remercier l’Agence Intergouvernementale de la Francophonie, de son soutien financier qui a rendu possible cette publication.

 

Question:  Durant ces années, l’Institution du Médiateur a créé son propre profil dans ses rapports avec les autres institutions démocratiques de la société albanaise et avec les citoyens albanais. Pourriez-vous décrire brièvement le chemin tracé durant ces années?

Réponse: Comme votre question est sous forme d’appréciation, il ne me reste de répondre que sous forme de raisonnement sur ce que vous constatez. Au cours des six années de son activité, le Médiateur a traité autour de 20 000 plaintes. Environ 20 pour cent des plaintes relevant de notre juridiction, sont résolues en faveur des demandeurs. J’aimerais rappeler aussi le fait que pour environ un an, nous avons traité les plaintes dans de très mauvaises conditions parce qu’au début, on manquait de locaux et puis, on faisait leur réaménagement physique. Mais à la base de notre activité, il y a eu toujours le dévouement envers les gens simples, ainsi que le traitement des affaires en donnant la priorité à celles relatives aux politiques qui ont une influence réelle sur l’administration. En outre, le contact quotidien avec les Médias a été important pour que les citoyens soient informés encore plus sur notre activité. Cela a fait réfléchir les fonctionnaires plus profondément avant de donner des réponses à nos recommandations sur ce qui a obligé les demandeurs de frapper à la porte du Médiateur.

 

Question: Durant toutes ces années, comme il a été constaté par le Parlement aussi, le Médiateur a fait preuve de sens de responsabilité et d’équité. Par son travail, l’institution du Médiateur n’a pas été à l’origine de conflits institutionnels, parce que ses recommandations ont été soutenues par tout le spectre politique et les médias. Auriez-vous un commentaire à faire sur les rapports institucionnels?

Réponse: Étant prévu pour fonctionner sur le principe du contrôle et de l’équilibre des pouvoirs, le Médiateur a fait tout son possible pour servir d’opposition pour le bon fonctionnement de l’administration.

Un Médiateur ne fait pas son travail s’il “ne met pas en difficulté” l’administration. C’est comme cela qu’est perçu le rôle du Médiateur partout dans le monde. Nous sommes donc décidés de nous opposer à des décisions de l’administration publique qui sont considérées comme incorrectes par les citoyens. Nous aidons les citoyens non seulement à résoudre leurs problèmes, mais aussi à prendre part au processus de prise de décisions. La confiance des citoyens envers les institutions de l’État pour lesquelles ils payent des taxes, dépend du niveau de participation citoyenne au processus de prise de décisions. Dans ce sens, l’émancipation politique de l’administration dépend aussi du niveau d’application des recommandations du Médiateur. En tout cas, nous n’arrêtons pas d’établir des ponts de communication entre les institutions et les contribuables.

 

Question:  Pour conculre, Monsieur le Médiateur, quels sont certains des projets de votre Institution pour cette année en cours?

Réponse:  Nous avons déjà défini quelques défis et des projets concrets. Du point de vue institutionnel, ce qui doit être introduit et renforcé toujours plus dans la culture politique et administrative de chaque fonctionnaire de l’État, c’est le concept de la consolidation ultérieure de notre nouvelle institution. D’un point de vue plus concret, nous visons à l’amélioration et au renforcement du département des droits des enfants, qui est devenu une réalité grâce à la collaboration avec l’organisation Save the Children et le projet SIDA du Gouvernement Suédois. Un autre projet, déjà existant, mais pas encore réalisé, c’est la création de quelques bureaux régionaux, en vue d’offrir nos services plus directement à la communauté. J’espère et je crois bien que le Médiateur, par son travail, va justifier toujours mieux la confiance du Parlement, mais d’autant plus va respecter le contrat signé avec les citoyens albanais, qui sont intéressés à avoir une administration plus responsible et travaillant selon les standarts européens.

 


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